Le Jour où ma vie s'est arrêtée...

…L’essentiel des faits depuis les opérations de décompression orbitaire qui ont brisé ma vie jusqu’aux expertises judiciaires bidon qui ont conclu en faveur des chirurgiens fautifs

Ma vie s'est arrêtée le 9 janvier 1999, lorsque le Dr Michel TAZARTES (CHNO des 15/20 ; cabinet privé au 142 bd du Montparnasse, 75014 Paris) m'a opérée de décompression orbitaire osseuse – opération lourde et dangereuse s'il en est – pour traiter une petite malocclusion palpébrale bénigne que de simples rideaux occultants suffisaient à régler.

Le Dr TAZARTES m'a délibérément trompée sur les risques pour m'amener à accepter cette opération qui, en fait, visait, non pas la malocclusion palpébrale, mais l'exophtalmie – dont il voulait me débarrasser, coûte que coûte, alors qu’elle était de peu d’ampleur, ne me gênait pas du tout, et, surtout, ne s’accompagnait d’aucun trouble visuel ou oculomoteur.

Résultats de l'opération : la malocclusion palpébrale s'est considérablement aggravée, devenant inocclusion permanente, parce qu'il a malencontreusement relâché les paupières inférieures en raccrochant les ligaments palpébraux externes en deçà de leur point de fixation d'origine (raccourcissement des fentes palpébrales) ; diplopie dans les champs inférieurs et latéraux ; torticolis oculaire et douleurs cervicales constantes ; altération du champ visuel ; filaments noirs dans le champ de vision dissymétrie des yeux, plus des plis et rides monstrueux, sous et aux coins des yeux, en raison du relâchement de la peau au niveau des paupières. J'étais désespérée, mais le Dr Tazartès ne proposait rien pour réparer les dégâts.

Le Dr Darina KRASTINOVA-LOLOV (Clinique du Château de la Maye, Versailles + hôpital Foch, Suresnes), chaudement recommandée par le Dr TAZARTES qu’elle avait formé à cette chirurgie, s’est fait fort de réparer les dégâts de la 1ère opération, lors d’une deuxième intervention fixée au 9 mai 2000.

Ma vie s’est arrêtée une deuxième fois, pour de bon, cette fois, ce jour-là.

Le Dr Krastinova était absente. Le seul chirurgien présent en salle d’opération était le Dr Bertrand BAUJAT, jeune interne d’O.R.L., stagiaire du Dr KRASTINOVA, que je n’avais jamais vu auparavant. Il s’est présenté à moi, puis m’a dit qu’on allait m’endormir et commencer l’opération. J’ai refusé catégoriquement que l’on m’endorme et qu’on m’opère avant d’avoir vu et parlé au Dr KRASTINOVA, que je n’avais pas vue depuis six mois, et à qui j’avais des choses extrêmement importantes à dire. Le Dr Baujat m’a dit : « On ne peut pas attendre le Dr KRASTINOVA. On ne sait pas quand elle arrivera. » J’ai réitéré mon refus et me suis préparée à attendre… indéfiniment, si nécessaire.

Je n'ai pas attendu longtemps. Voyant qu’il ne réussirait pas à me convaincre, le Dr BAUJAT, m’a fait endormir contre ma volonté expresse, en faisant un geste à l’anesthésiste placé derrière moi et que je ne voyais pas. J’ai été endormie instantanément, malgré mon refus catégorique et la Charte du patient hospitalisé qui commande de respecter ce refus.

Depuis, je vis dans la douleur et l’invalidité : rarement une opération censée réparer un premier dégât n’avait fait autant de ravages. Cette 2ème décompression orbitaire a aggravé tous les dégâts de la 1ère et y en a ajouté d’autres, nécessitant des années de congé de longue maladie. L'inocclusion palpébrale s'est encore aggravée et ma vue ne cesse de baisser depuis (j’ai perdue 5/10èmes en vision corrigée, l’équivalent en vision non corrigée et il semble que je sois vouée à une cécité quasi certaine à terme) ; et la liste est longue des autres atteintes visuelles, oculomotrices ou autres : diplopie phénoménale, dans toutes les positions du regard, y compris dans le regard en position primaire (regard en face) ; perte de la vision stéréoscopique (perception des reliefs et distances), torticolis oculaire plus marqué, douleurs permanentes et déformation des vertèbres cervicales et dorsolombaires, perte de la sensibilité du visage, etc.

J'aurais dû me méfier lorsque le Dr KRASTINOVA m'a proposé de m'opérer à l'hôpital Foch, non à la Clinique du Château de la Maye, à Versailles, comme initialement prévu. J'aurais dû encore plus me méfier lorsqu'elle m'a fait signer un formulaire de consentement six mois avant l'opération et qu'au lieu de me le remettre, comme c’est l’usage, en me demandant de le rapporter le jour de l'hospitalisation si je ne changeais pas d'avis dans l’intervalle, elle l'a précieusement conservé – pour utilisation ultérieure. Je n’ai même pas eu copie de ce document qui n’indiquait, par écrit, ni le nom, ni le type d’intervention, que j’allais subir, ni aucune information, indication chirurgicale ou risque opératoire d’aucune sorte ; qu’elle avait elle-même pré-rempli avec mon nom et la date et qu’elle m’avait fait signer vite fait, le présentant comme une simple formalité exigée par l’hôpital et pas du tout comme une décharge de responsabilité, et me faisant remarquer la mention écrite en toutes lettres : « Ceci n’est pas une décharge de responsabilité ». Cela ne l’a pas empêchée, lors des procès, de le faire valoir (et les experts de l’accepter) comme la preuve formelle qu’elle m’avait informée, absolument, de TOUS les risques… y compris, bien sûr, du risque de diplopie, dont elle n’avait cessé de me répéter, en préopératoire, qu’il n’était pas lié à la chirurgie de décompression orbitaire et que la diplopie causée par la première opération était due non pas à la nature de l’opération elle-même, mais à une maladresse du Dr TAZARTES.

La diplopie, spectaculaire, m'empêchait même de marcher seule dans la rue. Pourtant, les Drs KRASTINOVA/BAUJAT m’ont refusé tout soin ou suivi postopératoire, y compris ceux qu’ils dispensent normalement, et disent dispenser aux patients dans leurs articles, à savoir : recevoir un patient en consultation le jour du retrait des agrafes ; prendre en charge chirurgicalement les diplopies postopératoires ; prendre en charge les problèmes palpébraux post décompression orbitaire, etc.

Le jour du retrait des agrafes, j'étais effondrée, en pleurs, dans la salle des pansements. L'infirmière eut pitié de moi. Elle a téléphoné à la consultation pour demander que l'on me reçoive. Le Dr BAUJAT est arrivé. Non pas pour me conduire à la consultation mais pour établir une nouvelle ordonnance pour le retrait des agrafes car j'avais oublié celle que l'on m'avait donnée le jour de ma sortie d'hôpital. Il m'a dit : « Il n'est pas utile que vous voyiez le Dr KRASTINOVA avant deux ou trois mois, voire, plus. Oui, voire, plus. »

J’avais fait entièrement confiance aux Drs TAZARTES et KRASTINOVA. Ils m'ont abîmée, puis abandonnée à mon sort : ils n’ont jamais proposé de remettre mes fentes palpébrales comme elles étaient, afin de restaurer l’occlusion palpébrale ; d’intervenir sur la diplopie pour, au moins, supprimer la vision double dans le regard en face ; de chercher à comprendre pourquoi ma vue baisse depuis la 2ème opération et essayer d’enrayer cette baisse d’acuité visuelle… Ils ont continué à vivre, tranquillement, comme si rien ne s’était passé, étanches à tout sentiment de culpabilité comme à toute compassion, au fait qu'un être humain souffrait, tous les jours, de leur fait. Puis, ils ont multiplié les mensonges et les fausses déclarations lors des expertises judiciaires.

J’avais, en effet, fini par me tourner vers la justice…

Les deux expertises judiciaires (2002 et 2007) auxquelles j’ai eu droit ont consisté, pour les Experts ophtalmologues Laurent LAROCHE (hôpital des 15/20, Paris, comme le Dr TAZARTES), puis Gilles CHAINE (hôpital Avicenne, Bobigny), à recopier gentiment, dans leur rapport respectif, ce que le Dr Michel TAZARTES leur avait transmis dans une déclaration écrite de 2002 dont je n'avais pas eu communication, et qui n’avait rien à voir avec la diplopie dont je souffrais, ni avec mon état postopératoire.

Malgré cela, le TGI de Paris n’a pas prononcé la nullité des expertises.
Rien n’a été retenu contre le Dr TAZARTES, pas même le défaut d’information ;
Le Dr BAUJAT, dont le non-respect du refus du patient s’apparente à un viol, n’est pas même cité dans le jugement ;
Le Dr KRASTINOVA se voit reprocher une petite imprudence, assumée, non pas par elle-même, mais par l’hôpital : avoir réitéré l’opération, en aggravant les premiers dégâts et en occasionnant d’autres alors que l’objectif était de me guérir de tout.

Ainsi, après sept ans de procédure, je n'ai réussi ni à faire reconnaître les préjudices subis, ni à obtenir réparation et justice.

Une victime a bien du mal à se défendre face à un monde médical et expertal solidaire, qui vise à couvrir les médecins fautifs par tous les moyens, et notamment par le biais de simulacres d’expertises judiciaires qui font honte à la justice et sont une injure aux souffrances des victimes. Les médecins bénéficient également de l’aide juridique de leurs compagnies d’assurances dont le seul but est le profit et qui, pour cette raison, préfèrent que les victimes n’aient jamais gain de cause.

Je voudrais faire connaître mon expérience à toutes les personnes qui traversent le même genre d'épreuve pour qu'elles ne fassent pas les mêmes erreurs que moi – et la plus grande de toutes : faire confiance ; penser que, parce que l’on a affaire à un médecin ou à un expert judiciaire, il se comportera honnêtement, et avec honneur, vis à vis de vous. Rien n’est plus faux. 

Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judiciaires bidon

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×